Maison du Peuple d’Europe

Faire pays dans un pays suppose trois choses :

  • De sanctuariser les matières collectives déjà existantes en les soustrayant aux logiques de prédation et de privatisation.
  • De mettre en commun de façon volontariste des territoires et du temps.
  • De reconquérir les rues, les quartiers, les communes, les champs, les usines, les ateliers ; de créer des communautés de desseins et des bassins communs.

Les dispositifs du pays dans un pays, ce sont les Bri-Co  (Bureau de Recherches et d’Investigation sur le Commun).

Ce projet a commencé par la mobilisation de certains constats de l’enquête Noir Jaune Blues.

Cette enquête a fait grand bruit lors de sa parution en janvier 2017 et a mis en évidence le délitement du lien social. En filigrane des questions mises en lumière par cette enquête, figurait le devenir de la cohésion sociale dans un contexte global de perte de sens et de confiance démocratique.
Accompagner cette transition de façon démocratique et sociale signifie créer des espaces publics citoyens à plusieurs niveaux en partant du niveau du quartier. C’est par le biais des espaces publics citoyens que des citoyens (visibles et invisibles)  en partant de la question de la réparation, auront un espace où le «je ferai» se joint au «tu feras» pour aboutir à un « nous proposons, imaginons, revendiquons, et refusons ».

La place qu’occupe la Maison du Peuple d’Europe (MPEVH) est de contribuer, par le biais de ce projet, à éviter une exclusion sociale majeure pendant le processus de transition économique et sociétal en cours. Le projet est basé sur l’hypothèse qu’un processus de démocratisation (ou de retour à la démocratie) exige un rapprochement de ces forces à partir du lieu de vie le plus proche de chaque citoyen/citoyenne, à savoir des quartiers composés par 5000-6000 habitants, y compris les associations de terrain domiciliées sur leurs territoires.

Acteurs des Temps Présents de Bruxelles,

les locales « Tout Autre Chose » de Saint Gilles et de Namur,

le Mouvement Ouvrier Chrétien de Namur,

la générale de Présence et Action Culturelles

et la nationale du Centre d’Action laïque

le Centre Régional d’Appui à la Cohésion Sociale (CRAcs-CBAI)

les coordinateurs communaux

les ASBL de cohésion sociale des quartiers en question.

Quatre phases sont nécessaires au bon déroulement des BRI-Co :

L’une des spécificités méthodologiques des BRI-Co est d’introduire de l’extériorité (ce ne sont pas des acteurs locaux connus qui réalisent les BRI-Co, mais bien des « tiers ») et d’éviter la connotation institutionnelle (les BRI-Co se tiennent dans des magasins vides ou des rez-de-chaussée inoccupés).

La phase préparatoire comprend l’identification des ressources disponibles en matière d’espaces accessibles, ainsi que la prise de contact et la rencontre avec les associations actives dans la zone. Au terme de la tenue du BRI-Co, la restitution du travail sera effectuée, et les associations locales retrouveront toute leur place pour la suite du travail.

Dans le dispositif préalable à l’ouverture d’un BRI-Co figure aussi l’organisation d’une marche, élément essentiel qui permet de prendre connaissance de l’espace du quartier et de ses environs dans leur amplitude, et de commencer à tisser les premières relations avec les personnes du quartier. Cette marche sert de passeport d’entrée. Il est dès lors intéressant qu’elle soit accompagnée de l’une ou l’autre personne emblématique qui fera office d’ambassadrice pour la suite.

Au terme des rencontres et de cette première initiative collective, un comité de regard est formé. Il sera composé de personnes impliquées vivant dans le quartier et d’associations locales, et de participants à d’autres Bri-Co déjà réalisés.

C’est ce comité de regard qui définit les limites du quartier, rédige et réalise le document d’invitation public et le diffuse, à travers les associations, les commerces ou les cafés mais aussi lors d’une opération « toutes-boites », moment indispensable du dispositif préparatoire.

 

Un BRI-Co est un moment volontairement éphémère qui dure trois ou quatre jours dans un espace ciblé (un quartier ne dépassant pas 5000 ou 6000 habitants) et dans un lieu temporaire (faisant l’objet d’une occupation précaire). Un dispositif assez modeste est installé dans ces lieux, (une table, des chaises, du thé et du café, un carnet, un micro), mais qui se révèle bien plus complexe.

Dans les Bri-Co, l’accueil est d’abord une esthétique au sens premier du terme puisque des artistes locaux sont invités à travailler sur les murs et la vitrine. Mais à côté de cette intervention plastique (mouvante et changeante au fil des jours), il existe une attention portée à la qualité du dispositif (les tables sur lesquelles sont disposées des fleurs sont munies de nappes, le local est nettoyé et rendu convivial) et à un accueil non jugeant et non instrumentalisant (les BRI-Co se veulent avant tout un lieu de savoir être), de sorte qu’un endroit que tout le monde connaît devient soudain un autre lieu. En outre, une grande attention est portée à l’accueil de toutes les composantes du quartier, y compris les citoyens invisibles. C’est pourquoi les BRI-Co ont une importante fonction de cantine populaire gratuite et se dotent d’une fonction banquet : une table commune à laquelle les petits budgets, notamment, peuvent s’asseoir et inviter leurs proches et voisins. Il s’agit d’un élément déterminant dans l’approche sociale de la diversité d’un quartier car le repas répare les relations distendues ou inexistantes entre les habitants et constitue un lien qui peut valoir promesse pour la suite. On l’aura compris, un BRI-Co se déplace avec tout son matériel (des tables aux fourchettes en passant par le frigo et la cuisinière), et ne va pas sans des savoir-faire qui viennent renforcer les savoir-être.

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La « logistique intellectuelle » d’un BRI-Co est bien entendu tout aussi déterminante. Une fois ces conditions d’accueil mises en place, les entretiens se déroulent, selon le vœu des personnes présentes, de façon individuelle ou collective, et sont menés par l’équipe en charge, parmi laquelle figure au moins une personne formée à l’écoute, sociologue, anthropologue ou plus simplement journaliste ou enseignant. C’est de cette manière que sont récoltées les propositions de réparations touchant au quartier et à la vie sociale, politique, institutionnelle, économique ou environnementale de la région ou du pays. Le rassemblement et la mise en débat de ces propositions de réparation feront l’objet d’un moment particulier au terme des trois jours, et il sera décidé quelles propositions mettre en œuvre rapidement. La concrétisation des suggestions et la résolution de problèmes soulevés lors du BRI-Co devraient se réaliser au plus tôt. Les façons de faire et d’agir sont laissées aux participants. De leur côté, les animateurs du BRI-Co s’occuperont de former un secrétariat des réparations, et se chargeront des contacts ou des mises en lien et en réseau avec d’autres pratiques ou réalisations déjà effectuées.

Les animateurs d’un BRI-Co ne se fixent pas d’objectif car ils ignorent quelles suites seront données à leur action, et ils ne promettent pas de faire le travail à la place des habitants.

Il s’agit d’une action éphémère et les organisateurs ne se positionnent pas comme nouvel intervenant durable dans le quartier.

En revanche, ils ont l’obligation de la restitution. Les résultats obtenus sont considérés comme une première œuvre collective sur laquelle construire d’autres processus pouvant être précisément réappropriés. C’est pourquoi on les fait connaître aux habitants du quartier concerné (par un nouveau toutes-boites) comme aux associations locales en mesure d’assurer les suites des réparations souhaitées.

Le comité de regard effectue son retour une fois le BRI-Co terminé et se retrouve enrichi de nouvelles ressources rencontrées lors de la tenue du BRI-Co, c’est-à-dire de personnes désaffiliées que le processus aura réussi à coaliser. Avec ce comité élargi, se négocient les manières de faire trace et de continuer le processus. Le passage à la pratique est important, voire essentiel, si l’on souhaite continuer de rencontrer un public qui a l’habitude de la déception et de l’échec.

Il ne s’agit pas d’effectuer un vague travail socioculturel de quartier, mais bien d’imaginer les conditions d’une implication régulière des populations abandonnées.

Le défi que les BRI-Co tentent de relever est d’aller au-devant des attentes tacites grâce à des réalisations concrètes, visibles, changeant ou renforçant la vie quotidienne de quartier. Outre les réparations physiques et visibles, il s’agit aussi de « faire récit » du BRI-Co, c’est-à-dire de fournir à d’autres situations locales des éléments méthodologiques, des pistes, des anecdotes ou des approches pouvant faire sens.

Pour la circonstance, les résultats et les méthodologies des BRI-Co  sont mis à l’épreuve de sorte à comparer et renforcer les résultats de l’un et de l’autre, de façon particulière, et de façon plus générale de façon à faire école pour d’autres BRI-Co à construire. La fabrication et la diffusion de l’information sont ici essentielles. Il va de soi que, dans cette perspective, le manque ou la difficulté d’atteindre à un résultat est aussi un résultat en cela qu’il enseigne des essais et des erreurs

Tandis que, localement, le comité élargi se charge des suites à donner aux résultats du BRI-Co, il est important de faire naître un secrétariat de coordination capable d’accompagner à distance les processus ayant eu lieu, de préparer ceux qui viendront et de mettre le tout en lien permanent.

La mise en réseau des initiatives de réparation et des groupes locaux qui les soutiennent est en effet indispensable si l’on veut faire naître un véritable espace commun citoyen. L’éventuelle mise un réseau des espaces communs de quartier pourrait ensuite être un commencement pour la mise en place d’un autre pays dans le pays actuel.

Le secrétariat a simplement le rôle technique de s’informer du suivi des actions et des réalisations. Il a besoin de ces informations afin de les diffuser auprès d’autres quartiers ayant déjà ouvert les BRI-Co ou s’apprêtant à le faire. Il prend tout son sens dans la mise en réseau des initiatives et des pratiques, ainsi que dans l’offre qu’il peut faire en matière de ressources et de compétences.

Nous avons posé la question de la réparation aux habitants et aux associations du quartier qui nous rejoignaient dans le local aménagé pour l’occasion. Une cinquantaine de personnes sont passées pendant ces quelques jours et nous avons pu collecter ainsi 46 réponses.

Ont été associé aussi deux partenaires institutionnels (même si de façon conflictuelle: CPAS de Saint Gilles et la Commune de Saint Gilles, échevinat de la participation), 6 associations du quartier (ASBL CERNO Espace Place Bethléem ; 4 associations de l’occupation temporaire du 21, rue du Monténégro, gérée par Communa).

A la réunion du comité de regard élargi ont été associé trois autres association de quartier, que nous avons découvert pendant les jours d’ouverture de la table d’accueil (La Petite Maison du Peuple, Matissa – Asbl Socio-Culturelle, et le Comité de quartier Saint-Gilles-Midi, qui se cordonne par le réseau social facebook).

A cette réunion a été associé aussi 23 citoyens qui ont participé au BRI-Co et qui étaient intéressé à connaitre la suite à donner.

Un autre rendez-vous était fixé pour organiser un pique-nique dans le kiosque de Place Bethléem et d’exposer les propositions collectées sur une ficelle autour du kiosque. Cependant, à ce piquenique, il y avait un nombre très restreint du nouveau comité de regard élargi. Là, nous nous sommes aperçus qu’un BRI-Co peut se solder par une réparation effectuée immédiatement, à court ou moyen terme, (mais pour cela, il est nécessaire que la sauce prenne avec les habitants du quartier), ou aboutir à une impasse.

Dans le cas de la place Bethléem, on ne peut pas dire que cela ait été un franc succès. A ce propos, il faut reconnaître que des erreurs ont été commises à cause de l’inexpérience dans la gestion des BRICo. C’est à ce moment-là aussi que l’on se rend compte de la fragilité des BRI-Co. On ne peut les programmer à l’avance car on ignore quelles seront les réactions, les attentes et les suites que donneront les citoyens qui participent aux tables d’accueil.

 

Les leçons à tirer du BRI-Co de Place Bethléem

Nous pouvons considérer que la seule chose vraiment positive de ce BRI-Co a été la réaction de l’échevin de Saint-Gilles. En effet, dès le premier jour, l’échevin nous a honoré de sa visite et a pu noter que l’ambiance était chaleureuse. Il a donc encouragé les habitants à participer au BRI-Co. Nous avons eu une discussion ensemble, de laquelle est ressortie l’évidence suivante : il est bon que la société civile soit séparée de la société politique pour pouvoir fonctionner librement. Chacun poursuit son chemin de façon autonome, mais il est tout à fait possible que l’on se retrouve autour d’objectifs communs. Pour réussir un BRI-Co (ne fut ce que pour établir un premier contact) il est essentiel de: - Former un bon comité de regard : toutes les associations du quartier doivent être informées et, si possible, y figurer ; - Ne pas se précipiter, attendre que les associations composant le comité de regard, soient prêtes à s’impliquer ; - Tenir la réunion du comité de regard élargi dès la fin du BRI-Co, sans laisser s’écouler trop de temps ; - Ne pas faire pression sur le comité de regard, qui doit réagir de sa propre initiative  - Avoir une équipe de personnes formées à l’écoute de l’autre, qui oeuvrent dans le but d’arriver au bien commun, sans nourrir un intérêt spécifique ou un ressentiment personnel vers l’un ou l’autre des organisateurs.

L’hypothèse qui a poussé la MPEVH dans le choix de ces deux quartiers était que si  d’un côté, le quartier de Place Bethléem présentait en majorité un public plutôt délaissé ( les abandonnés de l’enquête  «rouge jaune blues »), le quartier de Place Morichar était, en revanche, habité par des « renaissants », à savoir par des citoyens développant des initiatives citoyennes.
Or d’après la MPEVH, la mise en place d’un réseau alternatif d’initiatives citoyennes et d’activités autogérées d’économie sociale  se développant à côté de la société établie et permettant aux participants de vivre, à l’intérieur une vie apaisante crée, à l’extérieur, encore plus d’exclusion.

La mise en place des processus participatifs risque donc aussi d’augmenter le nombre des exclus. L’inclusion des « exclus » dans ce processus est donc une priorité qu’il faut mettre en oeuvre dès le premier temps, à savoir dans l’organisation des BRI-Co réalisés dans des quartiers physiquement proches mais socialement et économiquement éloignés.



Les personnes de notre réseau, ainsi que les autres avec qui nous avons établi un contact grâce à elles, étaient invitées à composer un « comité de regard». Nous avons ainsi associé aux partenaires du projet global du « Processus sociale et démocratique ».
Pour un espace commun citoyen, aussi 6 associations du quartier (Gasap, Morichar en transition, l’école Saint-Luc, Itinéraires AMO, Papadoula, CEMOASBL) plus un réseau d’habitants du quartier de l’hôtel de ville et 4 citoyens engagés connus par les habitants du quartier.
Pendant cette réunion, nous avons planifié une marche où les associations de quartier de ce premier comité de regard, pouvaient présenter le quartier aux alentours de Place Morichar aux Actrices et aux Acteurs des temps présents qui viendraient ensuite pour animer le BRI-Co.
Le samedi 24 novembre, une marche a été réalisée dans le quartier, Carlos Rios Bassi et Marco Schmitt ont été les guides. Ils ont présenté à des Actrices et Acteurs des Temps Présents les enjeux passés, présents et futurs du quartier pendant une marche autour de la Place Morichar. A la fin de la marche, tout le monde a été convié  autour d’une table à goûter un repas à base de tagliatelles à l’uccelletto
(c’est une sauce faite avec des haricots secs)..
Un local a été trouvé ensuite, rue de Tamine 21, ce qui nous a permis de réaliser du 25 au 27 janvier 2019 le BRI-Co de Place Morichar.

En conclusion de ces 2 Bri-Co à Saint-Gilles, nous constatons que c’est un projet qui s’élabore, se corrige et s’adapte à chaque étape de sa fabrication et de sa co-création.

En 2018, l’objectif était d’expérimenter les mises en réseaux des différentes couches sociales des habitants des quartiers environnants les deux places (Bethléem et Morichar) afin de trouver des réparations communes à opérer dans chaque quartier, et entre les deux quartiers, et des projets communs que l’on pourrait mettre en place si on en avait les moyens.

Le projet de 2018 devait s’achever par la consolidation du comité de regard composé d’associations locales environnant Place Bethléem et place Morichar et des participants aux deux Bri-Co déjà réalisés. En ce qui concerne la place Bethléem l’objectif n’a pas été atteint, mais le comité de regard formé lors du BRI-Co de la place Morichar a bien pris le pied et il est en mesure de commencer à informer toutes les composantes du quartier, y compris les citoyens visibles et invisibles qui n’ont pas participé aux BRI-Co et les collectifs de citoyens des quartiers de l’évolution de son travail. Son rôle est de finaliser les propositions de réparation et de préparer une assemblée citoyenne composée par 36 habitants tirés au sort. Les PV de chaque réunion seront mis sur une page internet, envoyés par courriel, par courrier et distribués aux visibles et aux invisibles. Il est très important que toutes les personnes impliquées au début du processus ne se sentent pas abandonnées, mais qu’un suivi de l’évolution du processus et une participation leur soit garantis.

Le premier volet de notre projet BRI-Co, qui concernait l’implication des groupes de base, les réalités locales et les collectifs de citoyens développé à Saint Gilles, a malheureusement accumulé du retard à Namur. 

La MPEVH a participé à la première formation – test- des Bri-Co, organisée par  d’autres organisations telles le CESEP (Centre Socialiste d’Education permanente), la Fédération des Services Sociaux et l’AADTP (Acteurs et Actrices des Temps Présents)organisant la logistique et les permanences.

Cette première formation se déroulera les 29, 30 et 31 août au centre culturel de Namur après la réorganisation interne de  la régionale de Namur CESEP FSE .

 Cela semblait pour la MPEVH une très bonne occasion pour connaître les Bri-Co, leur contexte, et pour connaitre les autres acteurs mobilisés sur ce projet en Wallonie et à Bruxelles.
Pour rappel, un BRI-Co territorial se mène principalement avec des publics invisibilisés,  dans des quartiers laissés-pour-compte.

 En revanche, un BRI-Co thématique se mène avec des groupes de personnes qui ne sont pas d’habitude considérées comme des personnes-ressources à l’égard de la recherche menée. Des méthodologies spécifiques et une attention particulière sont mobilisées pour établir des relations aussi horizontales que possible entre tous les acteurs d’un BRI-Co, de façon à installer de la confiance et à autoriser l’audace. C’est pourquoi l’accueil, la décoration du lieu, l’offre de nourriture (simple mais soignée), la contribution d’un artiste et d’une création artistique, la posture et le savoir-être des animateurs du BRI-Co sont particulièrement importants.

Un BRI-Co est une expérience à vivre, la formation proposée devait prendre la forme d’une pseudo-immersion dans un BRI-Co, par la mise en œuvre concrète d’un maximum de caractéristiques du BRI-Co lui-même (organisation et décor du lieu, accueil, partage de nourriture simple mais soignée, dimension esthétique, relations horizontales entre formateurs et participants). Cette immersion devait faire également l’objet d’un débriefing et d’une analyse.

La formation BRI-Co test a été menée à bien les 29, 30 et 31 août, de 9.30 à 16.30 au Centre Culturel de Namur.
Les formateurs étaient Myriam Van der Brempt, Paul Hermant, Anissa Ayadi.

Anne Fournier nous a, pendant la marche, servi de guide dans le quartier. Elle s’est familiarisée avec la méthodologie du BRI-Co et est devenue la chenille ouvrière du BRI-Co de Namur.

Après la formation Anne s’est mobilisée et a pris en charge l’organisation du BRI-CO.
Le 23 septembre nous avons organisée une marche avec les partenaires.
La nature de la rencontre du 23 septembre était une sorte de repérage pour trouver un local idéal pour le BRI-Co.

Nous estimions qu’il fallait composer le message ensemble et penser aux flyers des Marches. Le groupe ayant participé au repérage des associations du quartier Bomel et des lieux éventuels, a envisagé la possibilité de passer un moment de rencontre informel le 13 octobre autour d’un repas préparé par Pietro à son camping, sis entre Bruxelles et Namur, à Neerijse, dans le Brabant flamand mais à côté de la frontière linguistique.

Cela nous a permis, à Anne et Pietro Emili de travailler sur le terrain. En collaboration avec nos partenaires namurois, nous avons contacté les associations suivantes, pour commencer à composer le premier comité de regard :
• CAL
• PAC
• MOC
• RSUN – Relais Social Urbain Namurois (CPAS de Namur)
• Une main tendue ASBL
• Resto du Cœur ASBL
• Maison Médicale de Bomel
• Abri de Nuit de la Ville de Namur
• Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté
• LST -Lutte Solidarité Travail (?)
• Mundo Namur (+ autre association hébergée)
• Abattoirs de Bomel
• + d’autres se qui se sont ajoutées par la suite
Nous avons envoyé une lettre aux associations pour les inviter à une réunion en leur signalant que le quartier de Bomel est un quartier mixte, tant du point de vue de ses habitants que de ceux qui le fréquentent, le traversent pour y travailler, profitent de ses lieux de culture, de formation, de commerces… Nous avions planifié de faire le BRI-Co les 3, 4, 5 et 6 avril dans le quartier de Bomel, à une adresse à déterminer. Le 15 mars nous avons convié les associations de ce quartier à une séance d’information apéritive au Plan B, aux Abattoirs de Bomel, à partir de 16 heures.

Le vendredi 15 mars 2019 il y a eu une réunion pour le Bri-Co de Bomel.

On a défini le périmètre du quartier, organisé le partage des tâches pour la distribution des tracts (2500 tracts. (± 2500 ménages sur le quartier y compris la cité Germinal). Le nouveau tract a été composé pour qu’il soit plus « percutant », plus clair. Moins de texte, les dates et le lieu bien en évidence.

On a sélectionné quatre lieux susceptibles de convenir au BRI-CO. Cependant, quand on a voulu réserver l’un de ces lieux, on s’est rendu compte qu’aucun n’était disponible. Mais grâce à Anne le local du Bri-Co a été trouvé.

Cela a permis de mettre en place le BRI-Co les 24, 25 et 26 avril au numéro 35 de la rue Adolphe Bastin. Et la réunion du comité de regard a été organisée le samedi 27 à 13h

Le samedi 27, un nouveau comité de regard élargi a été convoqué.
Parmi les points négatifs du BRI-Co de Bomel, les membres de ce nouveau comité ont estimé que seulement 15-20 personnes sont passées, dont une partie est seulement venue en coup de vent. C’est trop peu au vu de l’investissement réalisé et le tract n’a pas bien fonctionné. Aucune personne âgée n’est venue.
Certes, rue Bastin pas n’est pas un endroit central, il y a donc moins de passage. La mise en place assez vite en raison du fait que les endroits choisis au début ne se sont pas révélé disponibles et un endroit alternatif a du être recherché à la hâte. La chance nous a souris avec le local qu’on a utilisé dans la rue Bastin.
Faudrait-il placer les futurs BRI-Co dans un lieu de lutte ? Cependant, il semble que s’il n’y a pas de mouvement citoyen, rien de précis ne se passe..
Les associations qui étaient dans le territoire de Bomel auraient pu relayer d’avantage l’initiative mais il fallait mieux le préciser et le demander.
Pour la suite, il faudrait prévoir une fiche récapitulative de ce qu’est le Brico et de qui fait quoi.
Après l’ analyse sur les points positifs et négatifs, le comité de regard élargi a pris connaissance de la liste des réparations proposées (lien vers ci-dessous===) par les citoyens du BRI-Co de Bomel :

  • Très difficile de passer du quartier à la ville, au boulevard d’Herbatte car l’ascenseur de la passerelle n’a jamais fonctionné et l’escalier est impraticable ; la gare est fermée, le soir on ne sait plus la traverser, donc très grand détour.
  • Mobilité à pied très compliquée. Idem pour les cyclistes. Beaucoup de poussière. Très difficile de parquer son vélo. Insécurité par rapport à la circulation, pas de pistes cyclables, trottoirs pas praticables pour les poussettes, ascenseurs de la gare souvent en panne (poussettes). Il y avait un passage sous la gare mais qui a été fermé par la SNCB. Beaucoup d’étudiants aussi qui doivent traverser.

  • Les gens s’y trouvent bien mais trop précarisé, logements insalubres, plus de rencontres de quartier sont sollicitées, beaucoup de mamans seules avec enfants.
  •  Bâtiments dont les étages ne sont pas occupés : les relier entre eux et avec un escalier en faire des étages avec des logements.
  • Proposer aux propriétaires de rénover les logements précarisés parce que problème de logements à Namur.
  • Trop de va-et-vient dans le quartier, insécurité, manque d’éclairage (pas suffisant), surtout pour les femmes et les filles.
  •  Quartier trop sale, poubelles, cannettes, crottes de chien. Pourquoi pas des poubelles de tri en surface comme à Barcelone ? Personnes fragilisées et personnes âgées qui ne savent pas garder leurs déchets chez elles.
  • Trop de voitures parquées : stockées pendant toute la journée, n’importe comment.
  •  Pas assez de commerces locaux, et de circuit court.
  •  Le soir les femmes et les filles ont peur, après le cinéma par exemple, peur du goulot noir qui est en bas des escalators de la gare.
  • Abri de nuit à côté du Carrefour.
  •  Drogue très présente ici, vendue ouvertement dans le quartier, centre d’approvisionnement pour la ville, dont autour des Abattoirs.
    – Petite cabane à côté des Abattoirs : demande à la Ville pour qu’elle soit rénovée, les Abattoirs l’ont fermée, projet avec l’ITN pour la réhabiliter.
  • Sentiment de peur mais pas de vraies agressions.

  • Les gens ont peur de la drogue dans les parcs, manque d’entraide. Application Hplr pour le quartier : tout le monde ne l’a pas, application technologique et avoir un certain niveau socio-économique. Que 68 membres.
  •  Site des Abattoirs : patrimoine immatériel de Bomel – à développer, besoin de plus de moyens. Sur les savoir-faire.
  •  A Germinal et Bomel, le service de cohésion social voulait créer un réseau social de quartier… on ne sait pas où en est le projet.
  •  Les 3 Portes ont ouvert un potager collectif sur le dessus du quartier.
  •  Les Abattoirs ont le projet de créer un potager collectif dans des bacs sur l’espace public z– d’abord parce qu’il y en avait avant, et en plus pour faire le lien entre les différents publics présents dans le quartier.
  • Petit village où il a beaucoup de commérages.
    – Proposition : des balades guidées des plantes (Clarisse).
    – Aménagement des plantations des Abattoirs : associer les gens (mais ce sont des plantations de la Ville).
  • Demande de sports collectifs : foot, pétanque aux Abattoirs.
    – Eté à Bomel : goals de foot, pétanque disco, danseurs de hip-hop, cuisiniers, skate pour les gens pas inscrits aux stages mais qui peuvent venir dans l’espace public. Il faudrait du matériel fixe. Pour les faire connaître, flyers dans les boîtes-aux-lettres. Mais il faudrait des bénévoles.
  •  Demande d’un atelier de cuisine du monde.
    – Pourquoi pas des panneaux extérieurs pour présenter le programme des Abattoirs ?
    – Pas de panneaux communaux « expression libre » sur le quartier.
    – 3 mosquées : les Albanais, les Turcs et les Marocains ne se parlent pas entre eux. Pas beaucoup d’intégration dans le quartier (plus d’intégration à l’école). Peu d’intégration des femmes aussi. Seulement un groupe dans la mosquée pour les femmes, tous les 15 jours. Un groupe de femmes aussi aux Abattoirs : l’atelier des voisines. Objectif : en matinée une fois par mois, avec une artiste qui anime, échange et mobilisation des femmes.
    – Comité de quartier de Bomel s’est beaucoup battu pour la réhabilitation des Abattoirs + comité de quartier de Germinal.
  •  Quartier de Bomel est un très gros quartier, très étendu.
  •  Manque de poubelles dans les rues.
  • Les gens reconnaissent que le centre culturel apporte une richesse incroyable au quartier, les murs abattus permettent de mieux le voir, cela attire les gens, les aménagements et la plaine de jeux. Cela devient une place publique.

Le Comité de regard élargi a pris alors en considération les suites possibles.
– La possibilité d’organiser une réunion du comité de quartier et on fait intervenir la commune pour apporter des solutions.
– La mise en place d’un Assemblée citoyenne ou tirage au sort.
– Autre….
– Ce Comité de regard a enfin a proposé de convoquer une réunion conviviale ouverte à toutes les associations du comité de regard et à  tous les gens qui sont passés par le BRI-Co pendant l’un des 3 jours+ les associations du comité de regard aux Abattoirs. …..
Le processus continue …. si 6000 est le nombre d’habitants maximum à impliquer par « BRICo », le but est d’atteindre 800 quartiers pour couvrir le territoire de Wallonie et Bruxelles.