Historique du projet de la MPEVH « Processus social et démocratique. Pour un espace commun citoyen »:

 

Ce projet a commencé par la mobilisation de certains constats de l’enquête Noir Jaune Blues. Cette enquête a fait grand bruit lors de sa parution en janvier 2017 et a mis en évidence un certain nombre d’hypothèses sur le délitement du lien social qui recoupaient, pour partie, les analyses de la MPVEH. En filigrane des questions mises en lumière par cette enquête, figurait le devenir de la cohésion sociale dans un contexte global de perte de sens et de confiance démocratiques.
Il y a trois publics concernés par ce projet qui, selon la terminologie de l’enquête « Noir, Jaune, Blues » de la fondation « Ceci n’est pas une crise », présentée par le Soir et la RTBF, sont appelés les « ambivalents », les « renaissants » et les « abandonnés ».

Les renaissants et les abandonnés figurent parmi les deux groupes classés antisystème, les ambivalents sont hésitants ainsi que leur nom l’indique. Les abandonnés sont considérés comme fermés, les renaissants comme ouverts, alors que les ambivalents sont mitigés. 

Le projet de la MPEVH s’est basé sur l’hypothèse qu’un processus de démocratisation (ou de retour à la démocratie) exige un rapprochement de ces forces à partir du lieu de vie le plus proche de chaque citoyen/citoyenne, à savoir des quartiers composés par 5000-6000 habitants, y compris les associations de terrain domiciliées sur leurs territoire.

Ces questions conditionnent l’évolution sociale et exigent de mettre au point des stratégies pour éviter toute forme d’exclusion sociale encore plus grave que celle que nous connaissons actuellement. La place qu’occupe la Maison du Peuple d’Europe (MPEVH) est de contribuer, par le biais de ce projet, à éviter une majeure exclusion sociale pendant le processus de transition économique et sociétal en cours. Accompagner cette transition de façon démocratique et sociale signifie créer des espaces publics citoyens à plusieurs niveaux en partant du niveau du quartier. C’est par les biais des espaces publics citoyens

que des citoyens visibles et les invisibles , en partant de la question sur la réparation, auront un espace où le «je ferai» se joint au «tu feras» pour aboutir à un « nous proposons, imaginons, revendiquons, et refusons ».

La MPVEH qui mène depuis longtemps, avec ses membres, une série de réflexions et de formations sur la façon dont une Cité peut être investie démocratiquement dans toutes ses composantes, et par tous ses habitants, a donc décidé de lancer, à cette occasion, un processus de consultation, de concertation et de rencontres dont l’objectif serait de pouvoir mettre sur pied un véritable espace citoyen commun. La création d’un tel espace impose, bien entendu, de définir et de structurer un certain nombre de phases et d’étapes au nombre desquelles figure notamment celle, cruciale, de l’entrée en contact avec les populations que le sondage nomme du terme générique les « abandonnés », soit les personnes les plus invisibilisées, les plus souffrantes et les plus délaissées et les moins enclines aussi à réagir aux sollicitations des associations subsidiées. C’est au cours de l’élaboration de ce processus que la MPVEH a rejoint une proposition méthodologique initiée par des mouvements et associations de nature très différentes et aux pratiques très diversifiées : les Actrices et Acteurs des Temps Présents, la Fédération des Services Sociaux et le Cesep (Centre socialiste d’éducation permanente). Cette proposition, intitulée BRI-Co (pour Bureau de Recherches et d’Investigations Commun), offrait l’avantage de proposer une méthodologie permettant, notamment, d’entrer en contact avec les « abandonnés », ce groupe essentiel pour qui voudrait créer un espace commun citoyen ouvert.

Ces BRI-Co basent en effet leur intervention sur la question de la réparation, une thématique cer

tes polysémique et très ouverte dans son acception, mais qui présente surtout l’intérêt de ne laisser personne de côté. Chacun peut s’emparer de la question : « Si l’on devait réparer quelque chose demain, par quoi commencerait-on ?», en proposant des exemples de matières et de choses à réparer, allant des plus triviales et concrètes aux plus politiques et philosophiques, ce qui n’est pas vraiment le cas de la question : « Si l’on devait améliorer quelque chose demain, par quoi commencerait-on ? » qui suppose, pour y répondre, de disposer d’un capital culturel autorisant cette prise de risque politique.

L’horizontalité de la question permet de rentrer en relation, à partir d’éléments tangibles et objectifs, avec ces publics précisément en demande et en attente de réponses tangibles et objectives.

Description du contenu des activités et projets:

La phase de démarrage et d’expérimentation à Bruxelles d’une méthodologie déjà mise en pratique en Wallonie comprenait la réalisation de deux BRI-Co en 2018. La commune de Saint-Gilles a été choisie pour accueillir ces deux expérimentations, l’une se tenant dans le bas de la commune, place Bethléem, traditionnellement plus populaire, et l’autre dans le haut, place Morichar, un quartier encore considéré comme « difficile » il y a quelques années mais qui a vu, depuis, sa population et ses équipements largement renouvelés. La volonté étant, comme on l’aura compris, de dresser un état de ce qui « rassemble » et de ce qui « sépare » dans un cas comme dans l’autre en matière de réparations et les méthodes pour y parvenir.

Quatre phases sont nécessaires au déroulement des BRI-Co :

1. Préparation du Bri-Co:


L’une des spécificités méthodologiques des BRI-Co est d’introduire de l’extériorité (ce ne sont pas des acteurs locaux connus qui réalisent les BRI-Co, mais bien des « tiers ») et d’éviter la connotation institutionnelle (les BRI-Co se tiennent dans des magasins vides ou des rez-de-chaussée inoccupés. La phase préparatoire comprend l’identification des ressources disponibles en matière d’espaces accessibles, ainsi que la prise de contact et la rencontre avec les associations actives dans la zone. Au terme de la tenue du BRI-Co, la restitution du travail sera effectuée, et les associations locales retrouveront toute leur place pour la suite du travail.

Dans le dispositif préalable à l’ouverture d’un BRI-Co figure aussi l’organisation d’une marche, élément essentiel qui permet de prendre connaissance de l’espace du quartier et de ses environs dans leur amplitude, et de commencer à tisser les premières relations avec les personnes du quartier. Cette marche sert de passeport d’entrée. Il est dès lors intéressant qu’elle soit accompagnée de l’une ou l’autre personne emblématique qui fera office d’ambassadrice pour la suite.

Au terme des rencontres et de cette première initiative collective, un comité de regard est formé. Il sera composé de personnes impliquées vivant dans le quartier et d’associations locales, et de participants à d’autres Bri-Co déjà réalisés.

C’est ce comité de regard qui définit les limites du quartier, rédige et réalise le document d’invitation public et le diffuse, à travers les associations, les commerces ou les cafés mais aussi lors d’une opération « toutes-boites », moment indispensable du dispositif préparatoire.

2. Tenue du Bri-Co:


Un BRI-Co est un moment volontairement éphémère qui dure trois ou quatre jours (un jour ou deux de plus étant possibles en situation urbaine), dans un espace ciblé (un quartier ne dépassant pas 5000 ou 6000 habitants) et dans un lieu temporaire (faisant l’objet d’une occupation précaire). Un dispositif assez modeste est installé dans ces lieux, (une table, des chaises, du thé et du café, un carnet, un micro), mais qui se révèle bien plus complexe.

Dans les Bri-Co, l’accueil est d’abord une esthétique au sens premier du terme puisque des artistes locaux sont invités à travailler sur les murs et la vitrine. Mais à côté de cette intervention plastique (mouvante et changeante au fil des jours), il existe une attention portée à la qualité du dispositif (les tables sur lesquelles sont disposées des fleurs sont munies de nappes, le local est nettoyé et rendu convivial) et à un accueil non jugeant et non instrumentalisant (les BRI-Co se veulent avant tout un lieu de savoir être), de sorte qu’un endroit que tout le monde connaît devient soudain un autre lieu. En outre, une grande attention est portée à l’accueil de toutes les composantes du quartier, y compris les citoyens invisibles. C’est pourquoi les BRI-Co ont une importante fonction de cantine populaire gratuite et se dotent d’une fonction banquet : une table commune à laquelle les petits budgets, notamment, peuvent s’asseoir et inviter leurs proches et voisins. Il s’agit d’un élément déterminant dans l’approche sociale de la diversité d’un quartier car le repas répare les relations distendues ou inexistantes entre les habitants et constitue un lien qui peut valoir promesse pour la suite. On l’aura compris, un BRI-Co se déplace avec tout son matériel,(des tables aux fourchettes en passant par le frigo et la cuisinière), et ne va pas sans des savoir-faire qui viennent renforcer les savoir-être.

La « logistique intellectuelle » d’un BRI-Co est bien entendu tout aussi déterminante. Une fois ces conditions d’accueil mises en place, les entretiens se déroulent, selon le vœu des personnes présentes, de façon individuelle ou collective, et sont menés par l’équipe en charge, parmi laquelle figure au moins une personne formée à l’écoute, sociologue, anthropologue ou plus simplement journaliste ou enseignant. C’est de cette manière que sont récoltées les propositions de réparations touchant au quartier et à la vie sociale, politique, institutionnelle, économique ou environnementale de la région ou du pays. Le rassemblement et la mise en débat de ces propositions de réparation feront l’objet d’un moment particulier au terme des trois jours, et il sera décidé quelles propositions mettre en œuvre rapidement. La concrétisation des suggestions et la résolution de problèmes soulevés lors du BRI-Co devraient se réaliser au plus tôt. Les façons de faire et d’agir sont laissées aux participants. De leur coté, les animateurs du BRI-Co s’occuperont de former un secrétariat des réparations, et se chargeront des contacts ou des mises en lien et en réseau avec d’autres pratiques ou réalisations déjà effectuées.

3. Evaluation des BRI-Co:

 

Les animateurs d’un BRI-Co ne se fixent pas d’objectif car ils ignorent quelles suites seront données à leur action, et ils ne promettent pas de faire le travail à la place des habitants. Il s’agit d’une action éphémère et ne les organisateurs ne se positionnent pas comme nouvel intervenant durable dans le quartier. En revanche, ils ont l’obligation de la restitution. Les résultats obtenus sont considérés comme une première œuvre collective sur laquelle construire d’autres processus pouvant être précisément réappropriés. C’est pourquoi on les fait connaître aux habitants du quartier concerné (par un nouveau toutes-boites) comme aux associations locales en mesure d’assurer les suites des réparations souhaitées. Le comité de regard effectue son retour une fois le BRI-Co terminé et se retrouve enrichi de nouvelles ressources rencontrées lors de la tenue du BRI-Co, c’est-à-dire de personnes désaffiliées que le processus aura réussi à coaliser. Avec ce comité élargi, se négocient les manières de faire trace et de continuer le processus. Le passage à la pratique est important, voire essentiel, si l’on souhaite continuer de rencontrer un public qui a l’habitude de la déception et de l’échec. Il ne s’agit pas d’effectuer un vague travail socioculturel de quartier, mais bien d’imaginer les conditions d’une implication régulière des populations abandonnées. Le défi que les BRI-Co tentent de relever est d’aller au devant des attentes tacites grâce à des réalisations concrètes, visibles, changeant ou renforçant la vie quotidienne de quartier. Outre les réparations physiques et visibles, il s’agit aussi de « faire récit » du BRI-Co, c’est-à-dire de fournir à d’autres situations locales des éléments méthodologiques, des pistes, des anecdotes ou des approches pouvant faire sens. Pour la circonstance, les résultats et les méthodologies des BRI-Co sont mis à l’épreuve de sorte à comparer et renforcer les résultats de l’une et de l’autre, de façon particulière, et de façon plus générale de façon à faire école pour d’autres BRI-Co à construire. La fabrication et la diffusion de l’information sont ici essentielles. Il va de soi que, dans cette perspective, le manque ou la difficulté d’atteindre à un résultat est aussi un résultat en cela qu’il enseigne des essais et des erreurs.

4. Extrapolation des BRI-Co:

 

Tandis que, localement, le comité élargi se charge des suites à donner aux résultats du BRI-Co, il est important de faire naître un secrétariat de coordination capable d’accompagner à distance les processus ayant eu lieu, de préparer ceux qui viendront et de mettre le tout en lien permanent.

Le manifeste nous propose de reprendre en main notre avenir politique, en construisant ensemble un pays dans le pays.

La mise en réseau des initiatives de réparation et des groupes locaux qui les soutiennent est en effet indispensable si l’on veut faire naître un véritable espace commun citoyen. L’éventuelle mise un réseau des espaces communs de quartier pourrait ensuite être un commencement pour la mise en place d’un autre pays dans le pays actuel.

Le secrétariat a simplement le rôle technique de s’informer du suivi des actions et des réalisations. Il a besoin de ces informations afin de les diffuser auprès d’autres quartiers ayant déjà ouvert les BRI-Co ou s’apprêtant à le faire. Il prend tout son sens dans la mise en réseau des initiatives et des pratiques, ainsi que dans l’offre qu’il peut faire en matière de ressources et de compétences. 2018 a donc été l’année de l’expérimentation et de la mise en place. Sur la base de cette expérience, 2019 sera l’année de l’élargissement du projet à d’autres quartiers de la Région de Bruxelles Capitale. Un accent particulier, pour le choix de ces quartiers, sera mis sur leur composition socio-économique et sur le tissu associatif que l’on y trouve ou pas ou moins. La proposition était de mettre en chantier entre six et dix BRI-Co lors de l’exercice 2019/2020, en coopération avec le Centre Régional d’Appui à la Cohésion Sociale (CRAcs-CBAI) et en partenariat avec les coordinateurs communaux et les ASBL de cohésion sociale des quartiers en question.

Définition des objectifs et publics concernés

Il s’agit d’un projet qui s’élabore, se corrige et s’adapte à chaque étape de sa fabrication et de sa co-création. Fin 2020 devrait voit le départ d’une mise en œuvre du processus social et démocratique dans chaque commune de la Belgique francophone sur la base des expériences mûries en 2018 et 2019.

En 2018, l’objectif était d’expérimenter les mises en réseaux des différentes couches sociales des habitants des quartiers environnants les deux places (Bethléem et Morichar) afin de trouver des réparations communes à opérer dans chaque quartier, et entre les deux quartiers, et des projets communs que l’on pourrait mettre en place si on en avait les moyens.

Le projet de 2018 devait s’achever par la consolidation du comité de regard composé d’associations locales environnant Place Bethléem et place Morichar et des participants aux deux Bri-Co déjà réalisés. En ce qui concerne la place Bethléem l’objectif n’a pas été atteint, mais le comité de regard formé lors du BRI-Co de la place Morichar a bien pris le pied et il est en mesure de commencer à informer toutes les composantes du quartier, y compris les citoyens visibles et invisibles qui n’ont pas participé aux BRI-Co et les collectifs de citoyens des quartiers de l’évolution de son travail. Son rôle est de finaliser les propositions de réparation et de préparer une assemblée citoyenne composée par 36 habitants tirés au sort. Les PV de chaque réunion seront mis sur une page internet, envoyés par courriel, par courrier et distribués aux visibles et aux invisibles. Il est très important que toutes les personnes impliquées au début du processus ne se sentent pas abandonnées, mais qu’un suivi de l’évolution du processus et une participation leur soit garantis.

L’objectif global de ce processus est de permettre à tous, y compris les exclus, et pas seulement à ceux qui ont les moyens, de participer à la transition et de se transformer en citoyens actifs, c’est-à-dire pleinement capables, non seulement de faire porter leur voix jusqu’aux décideurs politiques ou de pouvoir modifier des projets législatifs et/ou de proposer des projets législatifs nouveaux, mais aussi de pouvoir réparer, reconstruire et/ou construire des espaces communs.

BRI-Co de Place Bethléem (Saint Gilles)

Nos activités nous nous ont menés à la création du premier BRI-Co de Bruxelles capitale ont commencé en 2017 aux alentours de juillet avec le CPAS et en septembre avec l’échevin de Saint-Gilles.
La MPEVH en coopération avec les Acteurs des Temps présents a initié la prise de contact pour nos activités de BRI-Co avec le CPAS de Saint Gilles. Ces rencontres nous ont amené à entrer en contact avec Thierry Van Capenhout (échevin de la participation de Saint-Gilles) et, avec lui, nous sommes arrivés à un accord tacite : créer une synergie entre notre activité et celle que la commune avait déjà mise en place. Nous avons constaté l’intérêt de l’échevin pour nos actions car, en complément de leur sondage (G1060), le BRI-Co proposait une enquête en profondeur autour de la question de la réparation. L’accord prévoyait deux volets : l’autorisation de venir avec un food-truck et la possibilité de poser la question de la réparation aux habitants de Saint-Gilles. Malheureusement, l’idée du food-truck a dû être abandonnée à cause de l’hiver qui approchait à grands pas et rendait impossible l’accueil autour de tables disposées à l’extérieur. Il semblait dès lors logique de s’orienter vers un local fermé que nous aurions aménagé nous-mêmes. Avant de prendre cette décision, nous nous sommes réunis de nouveau avec l’échevin et nous avons été confrontés à des réactions très négatives de sa part :

• L’idée d’un local était nulle car, selon lui, les gens ne rentrent pas spontanément dans un local fermé.
• Dans la question il proposait que le verbe «réparer» soit remplacé par le verbe «améliorer», car l’idée de la réparation comportait une connotation négative et impliquait que quelque chose était cassé ou mauvais dans la commune.
Nous avons débattu de la question avec les membres des Acteurs des Temps Présents et il a été décidé de continuer notre activité à Saint-Gilles sans l’aide de la Commune. En fait, nous avons pris tout à notre charge (grâce à une subvention PCI, Promotion de la Citoyenneté et de l’Interculturalité) et rompu les liens avec la Commune. Il a donc fallu chercher un local. La tâche s’est avérée longue (quatre mois de recherche) et difficile, étant donné que le lieu devait être neutre de sorte que tous puissent s’y réunir. C’est-à-dire qu’il fallait éviter tout endroit étiqueté comme un lieu communal ou représentatif d’un réseau associatif plutôt que d’un autre réseau.
En février, nous avons trouvé, sur la place Bethléem, un local qui s’adaptait à nos besoins.

Le contrat de location a été signé avec une personne privée et, le jeudi 23 mars, à 17h le BRI-Co a pu commencer et s’est terminé le dimanche 26 mars. Nous avons débuté avec une distribution de tracts toutes boîtes puisque ce projet visait à inviter tous les habitants et à impliquer les publics les plus précarisés. Le projet a démarré par des tables d’accueil éphémères, avec du thé et du café, mais aussi des spaghettis. Nous avons posé la question de la réparation aux habitants et aux associations du quartier qui nous rejoignaient. Une cinquantaine de personnes sont passées pendant ces jours et nous avons pu collecter ainsi 46 réponses. Aux partenaires associés au projet global du « Processus sociale et démocratique. Pour un espace commun citoyen » (Acteurs des Temps Présents de Bruxelles, les locales « Tout Autre Chose » de Saint Gilles et de Namur, le Mouvement Ouvrier Chrétien de Namur, la générale de Présence et Action Culturelles et la nationale du Centre d’Action laïque), lors du BRI-Co Place Bethléem ont été associé aussi deux partenaires institutionnel (CPAS de Saint Gilles et la Commune de Saint Gilles, échevinat de la participation), 6 associations du quartier (ASBL CERNO ; Espace Place Bethléem ; 4 associations de l’occupation temporaire du 21, rue du Monténégro, gérée par Communa).

L’objectif initial était de pouvoir donner aux citoyens d’un quartier ciblé, visibles et invisibles, engagés et délaissés, la possibilité de se construire un commun, mais nous ne sommes arrivés qu’à dresser une liste de propositions que les citoyens ont avancées. Le 28 mai, la réunion du comité de regard élargi a eu lieu. A cette réunion on été associé trois autres association de quartier, que nous avons découvert pendant les jours d’ouverture de la table d’accueil (La Petite Maison du Peuple, Matissa – Asbl Socio-Culturelle, et le Comité de quartier Saint-Gilles-Midi, qui se cordonne par le réseau social facebook). A cette réunion ont été associé aussi 23 citoyens qui ont participé au BRI-Co et qui étaient intéressé à connaitre la suite à donner.

Les idées de réparations proposées par les habitants portaient:
• d’abord sur la création de lieux de rencontre conviviaux pour faire des choses telles que musique, piqueniques, ateliers… tous ensemble, hommes et femmes, jeunes et vieux;
• ensuite venait la question d’un environnement plus vert, plus silencieux, plus beau (potagers collectifs, fontaines d’eau potable, plus de poubelles, de projets artistiques et de toilettes publiques…);
• sur des commerces de qualité, c’est à dire attentifs au développement durable et à la réduction d’emballages ;
• et pour finir, le problème abordé concernait la lutte contre la précarité (loyers modérés, logements sociaux de qualité, lutte contre l’analphabétisme et la discrimination à l’embauche…)

le rendez-vous était fixé pour le mardi 15 mai pour organiser un piquenique dans le kiosque de Place Bethléem et d’exposer les propositions collectées sur une ficelle autour du kiosque. La population qui fréquente la place a été informée de ce piquenique par des affiches posées sur place quelques jours auparavant. Il était prévu d’organiser une projection en plein air du film de Gwenaël Brees, dans 10 jours ou dans 10 ans, car peu de riverains connaissent encore l’histoire de cette lutte. Mais cela n’a pas pu se faire. Ce piquenique était non commercial, non électoral, juste convivial, et nous espérions qu’il en inspirerait d’autres dans de nombreux quartiers de Bruxelles. Cependant, à ce piquenique il y avait un nombre très restreint du nouveau comité de regard élargi. Là, nous nous sommes aperçus qu’un BRI-Co peut se solder par une réparation effectuée immédiatement, à court ou moyen terme, (mais pour cela, il est nécessaire que la sauce prenne avec les habitants du quartier), ou aboutir à une impasse. Dans le cas de la place Bethléem, on ne peut pas dire que cela ait été un franc succès. A ce propos, il faut reconnaître que des erreurs ont été commises par certains, notamment, par le directeur de la MPEVH qui, à cause de son inexpérience dans la gestion des BRI-Co, a parfois agi trop précipitamment. Mais il est important de souligner que les choses ont mal tourné à la place Bethléem, en grande partie, à cause de l’action négative d’une habitante du quartier. Malheureusement, cette personne s’est sentie discréditée et blessée dans son égo. Cela nous fait prendre en compte l’importance de l’élément humain. Il suffit d’un seul individu pour semer l’incompréhension au sein d’un groupe, détruire un équilibre qui est en train de se former et détourner les autres de l’action commune. Médisances, appréciations erronées et accusations formulées de façon orale et écrites mettent en danger l’aboutissement d’un projet. La clef d’une action harmonieuse est de faire preuve de discernement en mettant de côté tout ce qui a pu générer un ressentiment dans le passé, de faire table rase et d’avancer ensemble. Mais c’est à ce moment-là aussi que l’on se rend compte de la fragilité des BRI-Co. On ne peut les programmer à l’avance car on ignore quelles seront les réactions, les attentes et les suites que donneront les citoyens qui participent aux tables d’accueil.

Leçons à tirer:

 

Nous pouvons considérer que la seule chose vraiment positive de ce BRI-Co a été la réaction de l’échevin de Saint-Gilles, Thierry Van Canpenhout. En effet, dès le premier jour, l’échevin nous a honoré de sa visite et a pu noter que l’ambiance était chaleureuse. Il a donc encouragé les habitants à participer au BRI-Co. Nous avons eu une discussion ensemble, de laquelle est ressortie l’évidence suivante : il est bon que la société civile soit séparée de la société politique pour pouvoir fonctionner librement. Chacun poursuit son chemin de façon autonome, mais il est tout à fait possible que l’on se retrouve autour d’objectifs communs.
Pour réussir un BRI-Co (ne fut ce que pour établir un premier contact) il est essentiel de:
• Former un bon comité de regard : toutes les associations du quartier doivent être informées et, si possible, y figurer ;
• Ne pas se précipiter, attendre que les associations composant le comité de regard, soient prêtes à s’impliquer ;
• Tenir la réunion du comité de regard élargi dès la fin du BRI-Co, sans laisser s’écouler trop de temps ;
• Ne pas faire pression sur le comité de regard, qui doit réagir de sa propre initiative ;
• Avoir une équipe de personnes formées à l’écoute de l’autre, qui œuvrent dans le but d’arriver au bien commun, sans nourrir un intérêt spécifique ou un ressentiment personnel vers l’un ou l’autre des organisateurs.

BRI-Co de Place Morichar (Saint Gilles):

Après avoir réalisé le (A)BRI-Co dans la Place Bethléem, dans le bas de Saint-Gilles, où il y a une population spécifique, la MPEVH a commencé à se mettre en mouvement pour réaliser un BRI-Co dans la Place Morichar, où nous trouvons une autre population spécifique.
L’hypothèse qui a poussé la MPEVH dans le choix de ces deux quartiers aux alentours des ces deux places était que si, d’un côté, le quartier de Place Bethléem présentait en majorité un public plutôt délaissé (les abandonné de l’enquête « rouge jaune blues »), le quartier de Place Morichar était, en revanche, habité par des « renaissants », à savoir par des citoyens développant des initiatives citoyennes.
Or, d’après la MPEVH, la mise en place d’un réseau alternatif d’initiatives citoyennes et d’activités autogérées d’économie sociale qui développe ses tours d’ivoire à côté de la société établie, permettant aux participants de vivre, à l’intérieur, une vie apaisante, crée, à l’extérieur, encore plus d’exclusion. La mise en place des processus participatifs risque aussi d’augmenter le nombre des exclus. L’inclusion des « exclus » dans ce processus est donc une priorité qu’il faut mettre en œuvre dès le premier temps, à savoir dans l’organisation des BRI-Co réalisés dans des quartiers physiquement proches mais socialement et économiquement éloignés. Certes, l’inclusion des exclus n’est pas non plus une sinécure : le trop-plein de questions personnelles mises en jeu peut être source de difficultés lors des rencontres collectives. Nous comptons, pour y faire face, sur les compétences des animateurs, sur la qualité du dispositif et sur la valeur ajoutée de la démarche.
En favorisant les rencontres entre des citoyens de différents horizons habitants dans des quartiers différents, le but de ce processus est d’essayer de lier les « exclus » de la transition aux citoyens/citoyennes qui développent des initiatives citoyennes. Ceci, afin de sortir de leur situation d’exclusion et de contribuer à créer une nouvelle société, sans exclusions.
Sur base de l’expérience développée dans le quartier de Place Bethléem, la première démarche entreprise dans le quartier de Place Morichar a été celle de contacter les personnes actives dans le quartier de notre connaissance et de leur demander de nous aider à nous mettre en contact avec les réalités associatives et les autres personnes actives qui se trouvent aux alentour de la place en question.
Les personnes de notre réseau, ainsi que les autres avec qui nous avons établi un contact grâce à elles, étaient invitées à composer un « comité de regard ». Nous avons ainsi associé aux partenaires du projet global du « Processus sociale et démocratique. Pour un espace commun citoyen » aussi 6 associations du quartier (Gasap, Morichar en transition, l’école Saint-Luc, Itinéraires AMO, Papadoula, CEMOASBL) plus un réseau d’habitants du quartier de l’hôtel de ville et 4 citoyens engagé connus par les habitants du quartier. Le but de ce comité, auquel nous les invitions à adhérer, est d’organiser une marche dans leur quartier pour mieux le connaître et discerner ce qui est intéressant pour nous. Ensuite, la tâche du comité était celle de participer à la réunion finale du BRI-Co, une sorte de « comité de regard élargi », composé aussi par des citoyens qui ont participé au BRI-Co et étaient aussi intéressé de connaître les suites, Notre souhait était que la décision sur les suites à donner soit prise entre les associations de quartier qui ont adhéré au comité de regard et d’autres éventuel-le-s citoyen-ne-s qui sont venu-e-s à notre table et qui ont manifesté l’envie d’être impliqués.
Nos premiers échanges informaient aussi que, c’est à ce comité de regard élargi de se charger des suites à donner aux résultats du BRI-Co de Place Morichar. La MPEVH a prévenu les associations contactées que si l’envie est là, rien n’est, en revanche, programmé à l’avance. La Maison du Peuple d’Europe se met à disposition pour accompagner à distance les éventuels processus qui se mettront en mouvement, le cas échéant. Elle aura aussi le rôle de faire connaitre la suite que ce comité de regard aura donné à son BRI-Co aux autres quartiers ayant déjà ouvert les BRI-Co ou s’apprêtant à le faire. Voilà tout.
Sur cette base, le 18 octobre 2018 il y a eu la première réunion pour composer le comité de regard pour un BRI-Co à mettre en place dans la place Morichar. Tout le monde a été invité à boire un pot et à parler de ce qui pouvait être fait pour comment avancer ensemble et comment y parvenir. Le but déclaré était de commencer à mettre en commun, dans une perspective de construire un pays dans le pays, les actions et les savoirs faire, sans refuser de participer aux initiatives similaires qu’on démarre dans d’autres quartiers de la région de Bruxelles.
Pendant cette réunion on a planifié une marche où les associations de quartier de ce premier comité de regard pouvaient présenter le quartier aux alentour de Place Morichar aux Actrices et aux Acteurs des temps présents qui viendrons ensuite pour animer le BRI-Co.
Le samedi 24 novembre, une marche a été réalisée dans le quartier, Carlos Rios Bassi et Marco Schmitt ont été les guides. Ils ont présenté à des Actrices et Acteurs des temps Présents les enjeux passés, présents et futurs du quartier pendant une marche autour de la Place Morichar. A la fin de la marche, tout le monde a été convié à la fin autour d’une table à gouter un repas à base de tagliatelles à l’uccelletto (c’est une sauce faite avec des haricots secs)..
Un local a été trouvé, rue de Tamine 21, ce qui nous a permis de réaliser du 25 au 27 janvier le BRI-Co de Place Morichar. La réunion de Comité de regard élargi s’est, cette fois-ci, tenue dès la fin. A savoir le dimanche 27 janvier, à 19h. Aux membres du comité de regard initial, se sont ajoutés 18 citoyens du quartier intéressés aux suites à donner. Le résultat de cette réunion a permis d’établir la carte mentale suivante, avec tous les souhaits de réparation, évidemment subjectifs:

Les couleurs rassemblent des thématiques, le rouge les points d’attention et les proximités des bulles correspondent à des proximités d’action.
Avant de passer une action concrète, le comité de regard a voulu « montrer » tous (ou une partie) les souhaits exprimés dans cette carte mentale dans l’espace public à travers des réparations ou faux objets représentants les ajouts/réparations souhaités.
Par exemple, il y avait un souhait de plus de fontaines à eau potable. Il y avait une demande de se protéger des antennes 5G prévues sur la toiture de l’école Saint Luc de Place Morichar. Il y avait aussi le souhait d’installer des toilettes publiques. Ils ont installé le mardi 23, le jeudi 25 et le samedi 27 avril des fausses fontaines et des toilettes en « 2D » ou « 3D » dessinées/peintes (avec une couleur flash) sur du bois dans les espaces souhaités. Ils ont lancé un message d’alerte sur la 5G. L’idée est que les habitants voient les souhaits exposés dans la « carte mentale » et réfléchissent ensemble sur les priorités et le “comment” pour y arriver réellement.
Cependant, le comité de regard s’est posé la question si cela correspond aux souhaits des habitants du quartier ?
Ainsi, après avoir ré-dessiné un nouveau périmètre du quartier de la Place Morichar par rapport aux participants du BRI-Co du 25 au 27 janvier, pour répondre à cette question, le comité de regard élargi a organisé pour le 3 mai le tirage au sort de 36 citoyens, avec la participation technique des méthodologues d’Agora. Le groupe des habitants qui ont proposés des réparations dans le quartier pendant le BRI-Co iront présenter leurs souhaits de réparation aux 36 citoyens. C’est aux « 36 » de choisir la priorité à donner aux thématiques et aux actions. Celles-ci seront ensuite proposées aux habitants du quartier pour les réaliser ensemble, car, c’est aux habitants de reconquérir leur territoire et de le transformer en un espace commun.

Le 3 mai nous avons ainsi organisé une rencontre publique pour effectuer le tirage au sort. Tout le monde a pu y participer et le tirage au sort a été ainsi réalisé en toute transparence.

 

L’éthodologues d’Agora était là à expliquer la procédure qu’ils suivaient pour créer un panel de 36 habitants tirés au sort pour choisir les réparations prioritaires parmi les réparations que souhaitent réaliser les habitants d’un quartier caractérisé par une délimitation géographique de 0,5 km², 41 rues, 4300 adresses, 18 000 habitants et 7 secteurs statistiques

Avant d’effecteur le tirage un sort de 1200 adresse nécessaires pour arriver à composer un panel représentatif de la population le participants on été invité o poser des questions afin d’évaluer collectivement la scientificité de la procédure mise en place. Le débat qu’il en a suivi a démontré la faiblesse des secteurs statistique.

Puisqu’il n’y plus de recensement de la population depuis plus que 10 ans, et que les statistiques se fondent sur des champions regroupant moins que le 10% de la population, une vérification de terrain serait nécessaire afin de garantir un panel représentatifs des différente couches sociales présentes dans le quartier.
C’est pour cela que les adresses tirées au sort seront subdivisées par 250 et les lettres d’invitation mises à la main dans les boîtes. De cette façon les membres du comité de regard élargie auront la possibilité de voire les boîtes à lettre, et de pouvoir après reclasser les adresses dans de réunion dévaluation.

BRI-Co du quartier Bomel (Namur):

Le premier volet de notre projet BRI-Co, qui concernait l’implication des groupes de base, les réalités locales et les collectifs de citoyens développé à Saint Gilles, a malheureusement accumulé du retard à Namur. En effet, l’une des associations partenaires et pilier de cette organisation avait connu un changement et un renouvellement de cadres important à Namur. Au départ, nous avions pris contact avec une personne qui avait collaboré activement à l’élaboration du projet d’un BRI-Co à Namur. Mais le hasard a voulu que cette personne donne sa démission après un problème interne. Par conséquent, durant tout un temps il n’y avait plus de permanence, et nous n’avions plus personne qui puisse faire le lien entre nous et Namur.
La Régionale de Namur a été réorganisée, mais les deux remplaçantes n’étaient pas au courant d’un projet BRI-Co namurois. Nous nous sommes alors rendus à Namur pour rencontrer les deux nouvelles employées afin de leur expliquer en quoi consistait notre projet. Le 11 juillet 2018, elles nous ont avertis par courriel que, en ce qui concernait le PAC Namur, après discussion en interne, elles avaient décidé de ne pas se joindre à l’aventure, parce qu’un tel projet demandait un investissement trop important, tant en ressources humaines que financières, et qu’elles ne pouvaient l’assumer à ce moment-là.
Nous avons réagi immédiatement et contacté la responsable nationale du PAC. Dans le courriel qui lui était adressé, nous avons souligné que nous nous avions convenu de travailler ensemble à la tenue d’un BRI-Co namurois, avec la locale du mouvement, et que nous avions été informés de sa volonté de ne pas se lancer dans le projet. La réunion préparatoire avait pourtant laissé entrevoir de belles synergies (réunion tenue avec les Actrices&Acteurs des Temps Présents, la Fédération des services sociaux et nous). Nous lui avons demandé si la décision prise par la locale namuroise était irréversible et avait été faite au nom du mouvement. Nous avions bien compris que l’équipe namuroise était nouvelle et demandait encore à prendre ses marques, mais nous avions, de notre côté, un accord à respecter. C’était d’autant plus important que ces BRI-Co rentrent peu à peu dans le paysage de la cohésion sociale et de l’éducation permanente, notamment par le biais de Innoviris à Bruxelles et dans le cadre d’un appel à projet PCI de la fédération Wallonie-Bruxelles.
La responsable du PAC a répondu qu’il était prématuré d’envisager de tels partenariats et de tels investissements sans avoir redéfini les contours de la structure régionale PAC de Namur. Elle a, judicieusement, ajouté que de belles synergies ne pouvaient s’envisager qu’à condition qu’un cadre soit bien installé et qu’une dynamique locale PAC se redessine. Or, ce cadre devait être repensé, la régionale redynamisée et les locales PAC Namur relancées et répondre aux exigences de leur décret. Il ne s’agissait là que d’un choix prioritaire lié à la remobilisation de leurs énergies locales. Cela signifiait que, l’année suivante, la régionale de PAC Namur pouvait être en mesure de répondre à notre appel positivement. Finalement, cela n’a pas remis en cause l’implication du PAC dans le projet et le processus en cours, mais il a été décide, son secrétariat général, de laisser les nouveaux responsables de la régionale namuroise solidifier la structure existante avant de s’engager pleinement dans une initiative qui demandait autre chose qu’une implication formelle.
J’ai, alors, contacté le responsable du PCI dans le but de demander une prolongation du projet IS/NF/SD/ThL PCI 2017, en leur expliquant la nécessité de postposer ce volet namurois d’une année, afin de permettre aux nouveaux responsables de se mettre en lien avec les autres partenaires namurois du projet « Processus social et démocratique. Pour un espace public citoyen » et les initiatives saint-gilloises mais aussi de participer aux processus de formation prochainement mis sur pied, autour des Bri-Co, avec notre autre partenaire du Cesep.

Le PCI nous a demandé de lui indiquer la nouvelle échéance et nous avons proposé mai 2019 car nous nous proposions d’attendre un an pour relancer la dynamique de ce projet à Namur, compte tenu du temps nécessaire à la régionale PAC Namur pour remobiliser ses énergies locales. Les partenaires namurois ont été informés de la prolongation et nous les avons invités à la première formation – test- des Bri-Co qui se déroulera les 29, 30 et 31 août au centre culturel de Namur. Ils ont décliné notre invitation. Nous avions choisis d’organiser cette formation à Namur justement afin de faciliter la participation de la régionale du PAC namurois. Cela nous semblait une très bonne occasion pour connaître les Bri-Co, leur contexte, et pour connaitre les autres acteurs mobilisé sur ce projet en Wallonie et à Bruxelles.
Pour rappel, un BRI-Co territorial se mène principalement avec des publics invisibilisés, dans des quartiers laissés-pour-compte. En revanche, un BRI-Co thématique se mène avec des groupes de personnes qui ne sont pas d’habitude considérées comme des personnes-ressources à l’égard de la recherche menée. Des méthodologies spécifiques et une attention particulière sont mobilisées pour établir des relations aussi horizontales que possible entre tous les acteurs d’un BRI-Co, de façon à installer de la confiance et à autoriser l’audace. C’est pourquoi l’accueil, la décoration du lieu, l’offre de nourriture (simple mais soignée), la contribution d’un artiste et d’une création artistique, la posture et le savoir-être des animateurs du BRI-Co sont particulièrement importants.
Nous aurions voulu faire comprendre au PAC namurois qu’un BRI-Co est une expérience à vivre, la formation proposée devait prendre la forme d’une pseudo-immersion dans un BRI-Co, par la mise en œuvre concrète d’un maximum de caractéristiques du BRI-Co lui-même (organisation et décor du lieu, accueil, partage de nourriture simple mais soignée, dimension esthétique, relations horizontales entre formateurs et participants). Cette immersion devait faire également l’objet d’un débriefing et d’une analyse.

La formation BRI-Co test a été menée à bien les 29, 30 et 31 août, de 9.30 à 16.30 au Centre Culturel de Namur, anciens abattoirs de Bomel, Traverse des Muses 18 (entrée par la Rue de la Pépinière) 5000 Namur.
Les formateurs étaient Myriam Van der Brempt, Paul Hermant, Anissa Ayadi

La réaction de la responsable nationale du PAC, suite à une mauvaise communication interne et peut-être une maladresse de la part du directeur de la MPEVH, a été explosive. Elle nous a fait entendre qu’il fallait repenser le rôle du PAC dans ces conditions et qui devait être dans un premier temps d’observation avant d’avoir un rôle d’implication qui reste à définir en fonction de l’évolution de la situation et des ressources sur Namur. Elle a attiré notre attention sur le fait que le PAC Bruxelles, le PAC général et le PAC Namur sont trois structures liées, mais distinctes et que chacune d’entre elles ont des modes d’organisation qui leur sont propres, et que les engagements des uns n’engagent en rien les autres. Elle a jugé que proposer Mai 2019 était une bonne idée, puisque cela laissait le temps pour mettre les choses à plat ensemble et revoir les engagements de chacun.

Anne ‘Fournier nous a, pendant la marche, servi de guide dans le quartier. Elle s’est familiarisée avec la méthodologie du BRI-Co et est devenue la chenille ouvrière du BRI-Co de Namur)

Après la formation Anne s’est mobilisée et a pris en charge l’organisation du BRI-CO
Le 23 septembre nous avons organisée une marche avec les partenaires (sauf le PAC)
La nature de la rencontre du 23 septembre était une sorte de repérage pour trouver un local idéal pour le BRICo. Nous estimions qu’il fallait composer le message ensemble et penser au flyer des Marches. Le groupe qui a participé au repérage des associations du quartier Bomel et des lieux éventuels a envisagé la possibilité de passer un moment de rencontre informel le 13 octobre autour d’un repas préparé par Pietro à son camping, sis entre Bruxelles et Namur, à Neerijse, dans le Brabant flamand mais à côté de la frontière linguistique.
L’une des employées du PAC (avec laquelle nous avons élaboré le projet au début), à la suite de sa rencontre avec la responsable nationale, a contacté l’équipe du PAC de Namur (deux nouvelles employées qui mettaient toute leur énergie à se recréer une place dans le tissu associatif) et leur a posé les questions suivantes :
• Qui est le porteur du projet BRICO à Namur ?
• Qui sont les différents partenaires sur le territoire namurois ?
• Dans quels temps pensez-vous concrétiser ce projet namurois ?
Comme cela a été dit lors de notre rencontre, il importe que la répartition des tâches au sein du partenariat et que le porteur de projet soient clairement identifiés, afin de ne pas se perdre dans des attentes irréalistes ou non dites à l’égard des uns ou des autres. Dans un cadre clair, et en mesure de ses moyens, l’équipe du PAC de Namur a décidé de prendre part au projet.
Ce nous a permis, à Anne et à moi, de travailler sur le terrain. En collaboration avec nos partenaires namurois, nous avons contacté les associations suivantes, pour commencer à composer le premier comité de regard :
• CAL
• PAC
• MOC
• RSUN – Relais Social Urbain Namurois (CPAS de Namur)
• Une main tendue ASBL
• Resto du Cœur ASBL
• Maison Médicale de Bomel
• Abri de Nuit de la Ville de Namur
• Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté
• LST -Lutte Solidarité Travail (?)
• Mundo Namur (+ autre association hébergée)
• Abattoirs de Bomel
• + d’autres se qui se sont ajoutées par la suite
Nous avons envoyé une lettre aux associations pour les inviter à une réunion en leur signalant que le quartier de Bomel est un quartier mixte, tant du point de vue de ses habitants que de ceux qui le fréquentent, le traversent pour y travailler, profitent de ses lieux de culture, de formation, de commerces… Nous avions planifié de faire le BRI-Co les 3, 4, 5 et 6 avril dans le quartier de Bomel, à une adresse à déterminer. Le15 mars nous avons convié les associations de ce quartier à une séance d’information apéritive au Plan B, aux Abattoirs de Bomel, à partir de 16 heures.

L’invitation a été signée par les personnes suivantes :
Alice Botquin, CAL Namur , Line Gerbovits, , PAC Namur, Christian Peters, MOC Namur, Anne Fournier, Namur, Anissa Ayadi, Chercheuse, Pietro Emili, Maison du Peuple d’Europe, Paul Hermant, Acteur des Temps présents.

Le vendredi 15 mars 2019 il y a eu une réunion pour le Bri-Co de Bomel
PRESENTS :
• Alice (CAL)
• Line (PAC)
• Christian Peters (Moc)
Pietro Emili (MPEVH)
• Anne Fournier (citoyenne engagée)
• Zena Edouard et Marc Bodart (Oxfam)
Lysiane Mottiaux (Université de Paix)
Matthieu ( Resto du Coeur)
• Marylène Toussaint et Mathieu Quertainmont (Centre Culturel de Bomel)
Michel Grauwez (Membre du Comité de Quartier de Bomel)

ABSENT MAIS INTERESSE PAR LE PROJET :
• Fabrice Carpentiers (Petits Riens)

On a défini le périmètre du quartier, organiser le partage des tâches pour la distribution des tracts (2500 tracts. (± 2500 ménages sur le quartier y compris la cité Germinal). Le nouveau tract a été composé pour qu’il soit plus « percutant », plus clair. Moins de texte, les dates et le lieu bien en évidence.

On a sélectionné quatre lieux susceptibles de convenir au BRI-CO. Cependant, quand on a voulu réserver l’un de ces lieux, on s’est rendu compte qu’aucun n’était disponible. Mais grâce à Anne le local du Bri-Co a été trouvé.

Cela a permis de mettre en place le BRI-Co les 24, 25 et 26 avril au numéro 35 de la rue Adolphe Bastin. Et la réunion du comité de regard a été organisée le samedi 27 à 13h

Line s’est alors impliquée à 100% pour la réussite du BRI-Co namurois.
Le samedi 27, un nouveau comité de regard élargi a été convoqué.
Parmi les points négatifs du BRI-Co de Bomel, les membres de ce nouveau comité a estimé que seulement 15-20 personnes sont passées, dont une partie est seulement venue en coup de vent. C’est trop peu au vu de l’investissement réalisé et le tract n’a pas bien fonctionné. Aucune personne âgée n’est venue.
Certes, rue Bastin pas n’est pas un endroit central, il y a donc moins de passage. La mise en place assez vite en raison du fait que les endroits choisis au début ne se sont pas révélé disponibles et un endroit alternatif a du être recherché à la hate. La chance nous a souris avec le local qu’on a utilisé dans la rue Bastin.
Faudrait-il placer les futurs BRI-Co dans un lieu de lutte ? Cependant, il semble que s’il n’y a pas de mouvement citoyen, rien de précis ne se passe..
Les associations qui étaient dans le territoire de Bomel auraient pu relayer d’avantage l’initiative mais il fallait mieux le préciser et le demander.
Pour la suite, il faudrait prévoir une fiche récapitulative de ce qu’est le Brico et de qui fait quoi.
Le flyer n’a pas été retenu comme bien compréhensible. Le monde se demandait s’il agissait d’une opération politique. Aurait été mieux de ne pas citer les associations parce que ce n’est pas l’enjeu (période proche des élections), et être, en revanche, plus clair sur ce qu’on propose. Mettre en avant le Brico et pas les associations, trop en avant.
En plus mauvaise période parce que tout de suite après les congés de Pâques.
Peut-être que beaucoup de gens dans le quartier ne lisent pas le français.

Parmi les points positifs du BRI-Co, le comité de regard élargi a remarqué que le monde est venu parce qu’ils ont vu l’événement FB. Viens de soit qu’il y a un besoin évident d’utilisation des réseaux sociaux pour informer les monde des activités en cours dans leur quartier.
Quand on fait un autre quartier à Namur, il faudrait au préalable vérifier s’il n’y a pas un réseau social qui rassemble les gens.
Toutes les personnes qui sont venues au BREI-Co voulant être au courant de la suite ont donné leur adresse email.
Après cette analyse sur les points positifs et négatifs, le comité de regard élargi a pris connaissance de la liste suivante des réparations proposées par les citoyens du BRI-Co de Bomel :

MOBILITE
– Très difficile de passer du quartier à la ville, au boulevard d’Herbatte l’ascenseur de la passerelle n’a jamais fonctionné et l’escalier est impraticable ; la gare est fermée, le soir on ne sait plus la traverser, donc très grand détour. Mobilité à pied très compliquée. Idem pour les cyclistes. Beaucoup de poussière. Très difficile de parquer son vélo. Insécurité par rapport à la circulation, pas de pistes cyclables, trottoirs pas praticables pour les poussettes, ascenseurs de la gare souvent en panne (poussettes). Il y avait un passage sous la gare mais qui a été fermé par la SNCB. Beaucoup d’étudiants aussi qui doivent traverser.
QUARTIER
– Les gens s’y trouvent bien mais trop précarisé, logements insalubres, plus de rencontres de quartier sont sollicitées, beaucoup de mamans seules avec enfants.
– Bâtiments dont les étages ne sont pas occupés : les relier entre eux et avec un escalier en faire des étages avec des logements.
– Proposer aux propriétaires de rénover les logements précarisés parce que problème de logements à Namur.
– Trop de va-et-vient dans le quartier, insécurité, manque d’éclairage (pas suffisant), surtout pour les femmes et les filles.
– Quartier trop sale, poubelles, cannettes, crottes de chien. Pourquoi pas des poubelles de tri en surface comme à Barcelone ? Personnes fragilisées et personnes âgées qui ne savent pas garder leurs déchets chez elles.
– Trop de voitures parquées : stockées pendant toute la journée, n’importe comment.
– Pas assez de commerces locaux, et de circuit court.
– Le soir les femmes et les filles ont peur, après le cinéma par exemple, peur du goulot noir qui est en bas des escalators de la gare.
– Abri de nuit à côté du Carrefour.
– Drogue très présente ici, vendue ouvertement dans le quartier, centre d’approvisionnement pour la ville, dont autour des Abattoirs.
– Petite cabane à côté des Abattoirs : demande à la Ville pour qu’elle soit rénovée, les Abattoirs l’ont fermée, projet avec l’ITN pour la réhabiliter.
– Sentiment de peur mais pas de vraies agressions.
RELATIONS HUMAINES
– Les gens ont peur de la drogue dans les parcs, manque d’entraide. Application Hplr pour le quartier : tout le monde ne l’a pas, application technologique et avoir un certain niveau socio-économique. Que 68 membres.
– Site des Abattoirs : patrimoine immatériel de Bomel – à développer, besoin de plus de moyens. Sur les savoir-faire.
– A Germinal et Bomel, le service de cohésion social voulait créer un réseau social de quartier… on ne sait pas où en est le projet.
– Les 3 Portes ont ouvert un potager collectif sur le dessus du quartier.
– Les Abattoirs ont le projet de créer un potager collectif dans des bacs sur l’espace public z– d’abord parce qu’il y en avait avant, et en plus pour faire le lien entre les différents publics présents dans le quartier.
– Petit village où il a beaucoup de commérage.
– Proposition : des balades guidées des plantes (Clarisse).
– Aménagement des plantations des Abattoirs : associer les gens (mais ce sont des plantations de la Ville).
– Demande de sports collectifs : foot, pétanque aux Abattoirs.
– Eté à Bomel : goals de foot, pétanque disco, danseurs de hip-hop, cuisiniers, skate pour les gens pas inscrits aux stages mais qui peuvent venir dans l’espace public. Il faudrait du matériel fixe. Pour les faire connaître, flyers dans les boîtes-aux-lettres. Mais il faudrait des bénévoles.
– Demande d’un atelier de cuisine du monde.
– Pourquoi pas des panneaux extérieurs pour présenter le programme des Abattoirs ?
– Pas de panneaux communaux « expression libre » sur le quartier.
– 3 mosquées : les Albanais, les Turcs et les Marocains ne se parlent pas entre eux. Pas beaucoup d’intégration dans le quartier (plus d’intégration à l’école). Peu d’intégration des femmes aussi. Seulement un groupe dans la mosquée pour les femmes, tous les 15 jours. Un groupe de femmes aussi aux Abattoirs : l’atelier des voisines. Objectif : en matinée une fois par mois, avec une artiste qui anime, échange et mobilisation des femmes.
– Comité de quartier de Bomel s’est beaucoup battu pour la réhabilitation des Abattoirs + comité de quartier de Germinal.
– Quartier de Bomel est un très gros quartier, très étendu.
– Manque de poubelles dans les rues.
– Les gens reconnaissent que le centre culturel apporte une richesse incroyable au quartier, les murs abattus permettent de mieux le voir, cela attire les gens, les aménagements et la plaine de jeux. Cela devient une place publique.
Le Comité de regard élargi a pris alors en considération les suites possibles.
– La possibilité d’organiser une réunion du comité de quartier et on fait intervenir la commune pour apporter des solutions.
– La mise en place d’un Assemblée citoyenne où tirage au sort.
– Autre….
– Ce Comité de regard a enfin à proposé de convoquer une réunion conviviale ouverte à toutes les associations du comité de regard et à à tous les gens qui sont passés par le BRI-Co pendant l’un des 3 jours+ les associations du comité de regard aux Abattoirs. …..
Le processus continue …. si 6000 est le nombre d’habitants maximum à impliquer par « BRICo », le but est d’atteindre 800 quartier pour couvrir le territoire de Wallonie et Bruxelles ayant 4800000 habitants au 1er janvier 2016 (3,6 millions en Wallonie et 1,2 million à Bruxelles)