Un Pays dans un Pays

La manière la plus simple de se faire une idée de ce que veut dire faire pays dans un pays est encore d’imaginer le geste de poser une carte sur une carte. 

Lorsque l’on pose une carte par-dessus une autre carte, on peut encore apercevoir par transparence ce qui existe déjà, mais on peut aussi commencer à dessiner dessus et à tracer les paysages, les pratiques, les fabriques de demain.

Faire pays dans un pays suppose trois choses :

  • De sanctuariser les matières collectives déjà existantes en les soustrayant aux logiques de prédation et de privatisation.
  • De mettre en commun de façon volontariste des territoires et du temps.
  • De reconquérir les rues, les quartiers, les communes, les champs, les usines, les ateliers ; de créer des communautés de desseins et des bassins communs.

Les Bri-Co sont les dispositifs du pays dans un pays. Il s’agit d’une méthodologie permettant, notamment, d’entrer en contact avec les habitants d’un quartier autour de la question de la « réparation »: une thématique, certes, qui comporte de nombreux sens et est très ouverte dans son acceptation, mais qui présente surtout l’intérêt de ne laisser personne de côté (voir photos ci dessous)

 

Il s’agit d’un savoir-faire produit par des années d’études et d’expérimentations. En effet, de la question : « Si l’on devait réparer quelque chose demain, par quoi commencerait-on ?»,
Chacun-e peut en effet s’en emparer et proposer des exemples de matières et de choses à réparer, des plus triviales et concrètes au plus politiques et philosophiques, ce qui n’est pas vraiment le cas de la question : « Si l’on devait changer quelque chose demain, par quoi commencerait-on ? » qui suppose, pour y répondre, de disposer d’un capital culturel autorisant cette prise de risque politique. L’horizontalité de la question permet de rentrer en relation, à partir d’éléments tangibles et objectifs, avec ces publics précisément en demande et en attente de réponses tangibles et objectives.