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COLLOQUE DÉFENSE EUROPÉENNE MPEVH – Thématiques, invités et organisation PV4 Réunion du 17 mars 2022

DEF EUR MPEVH – S€D / 4
Défense Européenne

PV Réunion du jeudi 17/03/2022 et Feuille de route

COLLOQUE DÉFENSE EUROPÉENNE MPEVH – Thématiques, invités et organisation



Libérer la parole sur un sujet aussi déterminant tout en suscitant l’intérêt du citoyen

Professeur Beheshti, 17 mars 2022 ©Mpevh


« L’Europe doit être puissance médiatrice et de stabilité » et de paix, dont la seule quête est de bâtir des intérêts communs avec tous ses partenaires sans exception. Tout en veillant jalousement à la protection de ses valeurs démocratiques et de droits de l’homme. Elle se doit d’être solidaire pour apporter une réponse commune aux différents défis qui se posent comme elle a si bien su le prouver avec la crise du Covid.

Etaient présents
1. Joseph Mbeka
2. Colonel Jean Marsia (S€D)
3. Abolfazl Beheshti
4. Joan Delenaye
5. Rayan Camara
6. Emile Debroise
Absents
1. Nur De Vrim
2. Michel Dardenne
3. Pietro Emili
4. Saïd Chatar
Retards
Excusés
1. Rayan Camara

Plan de la réunion
Lors de cette réunion l’ordre du jour concernait trois points principaux :
• L’organisation pratique du colloque (lieu, jour, durée, etc.)
• Les thématiques qui seront abordées à ce colloque.
• Les potentiels experts et personnalités à inviter.
Et nous avons bien évidemment abordé rapidement l’actualité en Ukraine.
Début de la réunion à 14h15. Elle est présidée par le Directeur Financier de la MPEVH, Mr Joseph Mbeka, Coordonnateur de la Cellule DEF EUR. Il nous présente les thématiques qu’il a retenues comme pertinentes, et attend un accompagnement actif de la S€D en ce sens.
Organisation pratique

Lors de nos conversations à propos du nombre de personnes attendues, celui-ci est initialement de 200 personnes. Cependant, au vue de l’actualité, nous avons émis l’hypothèse que plus de personnes seraient intéressées.

Pour ce qui est de la date du colloque, nous gardons pour l’instant la date du mercredi 27 avril 2022. Néanmoins, conscients de la charge de travail préparatif que demande ce colloque, si l’avancement ne va pas à la vitesse nécessaire, nous reporterons celui-ci au mois de juin.

Ensuite nous avons parlé des coûts de ce colloque, le Colonel Marsia nous a confirmés que la S€D (à prononcer S Euro D) pourra gérer tous les frais les concernant. Pour la MPEVH, il manque l’intervention de M. Dardenne pour avoir une idée de ce que cela pourrait coûter en reprenant les grilles des précédents colloques, et de les adapter pour le colloque à venir.

A la suite de cela, nous avons abordé la question de la salle où se tiendra le colloque. Plusieurs propositions ont été faites, le 1er étage de l’Archimède (salle de l’Europe), Europe info Europe, Représentations des Belges à l’Union Européenne, Palais d’Egmont (1 seule grande salle de 100 places, mais avec une autre salle en bas. Cependant, pour le réserver il faut soit passer par la ministre des Affaires étrangères (Sophie Wilmès) ou le Premier ministre (Alexander De Croo). Ou encore de demander une salle à la Commission Européenne. Finalement, le lieu de l’Académie fut proposé, et Monsieur Beheshti a marqué le fait qu’il pouvait intervenir pour celui-ci. La responsabilité de la salle incombe à Madame Delenaye et Monsieur Beheshti. Monsieur Mbeka a fait part de la nécessité pour la salle, de posséder des petites salles où pourraient se regrouper les différents groupes. Donc, au moins 5 salles pour accueillir la moitié des groupes et éviter une salle assourdissante. C’est à ce moment que le Colonel Marsia nous a fait remarquer que 10 groupes avec 10 thématiques différentes était peut-être trop ambitieux pour un colloque d’une seule journée. Nous avons donc fixé la limite à 5 thématiques. Mr Mbeka avait souligné d’entrée de jeu que vu la teneur du sujet, nous devrions envisager un colloque sur deux jours, a fortiori s’il est repoussé au mois de juin.

Thématiques à aborder

Le premier point abordé est un fait récent, le contexte autour de la question de la Défense Européenne a changé. Depuis le Sommet de Versailles des 10 et 11 mars 2022 où M. Macron a clairement dit que la défense devait aller plus loin, évoquant « le début d’une nouvelle ère ». Néanmoins, comme le Colonel Marsia nous l’a fait remarquer, M. Macron ne parle pas de développer une défense commune mais de développer 27 défenses (avec 27 décideurs).

Nous nous sommes donc concertés sur la question d’un commandement unique et plus partagé (inutilité de la MPCC : Capacité militaire de planification et de conduite, très petit et inutilisée). Il faudrait instaurer une unité de commandement politico-militaire, si l’on veut parler d’efficacité.

Par la suite, Monsieur Mbeka a proposé aux participants de la réunion différents points qu’il faudra aborder aux colloques. Les trois premiers étant ; Commandement intégré, la culture de la défense et finalement penser à la doctrine. Nous sommes revenus plus longuement sur ce dernier point, précisant que cela voulait clairement dire qu’il fallait définir qui était l’ennemi, de pourquoi il faut se protéger et de l’indépendance de l’Europe. La question de la place d’une doctrine européenne de la Paix fut également abordée.

Les trois prochaines thématiques peuvent être résumés comme suit ; Les renseignements (décider de ce qu’il y a à faire), la stratégie (comment le réaliser) et la logistique (comment parvenir à le réaliser). Ce dernier point amène le débat autour de l’industrie européenne de la défense. Et comment gérer toutes les entreprises différentes (concurrence, etc.).

En effet, l’exemple du projet commun SCAF, un système de combat aérien limitant le risque humain et coordonné par la France, l’Allemagne et l’Espagne, mais n’ayant pas de ‘’leader’’ pour les décisions, ce projet prend du retard et connaît des complications. A L’inverse, la coopération entre la Grande-Bretagne, la Suède et l’Italie fonctionne bien mieux car il y a eu une centralisation des décisions. Versailles a évoqué construire avions et chars en commun.

Ces deux exemples démontrent qu’il est difficile de coordonner les différentes entreprises, ce qui ralentit la recherche et le développement d’outils de défense. Il existe une seule industrie intégrée dans l’Union Européenne, la MBDA qui est une entreprise fabriquant des missiles.

Les industriels étant concurrents et ne désirant pas vexer certains gouvernements (pour garder des parts de marché, etc.) préfèrent rester leader à leur niveau plutôt que de prendre le risque de travailler ensemble. En 2019, on estime que l’UE consacrait 1% de son PIB dans la Défense (certains pays étant à 3% et d’autres à 0.6%, à l’instar de la Belgique). Les États-Unis (3% du PIB consacré à la défense) ont fait pression pour que les dépenses en matière de défense augmentent en Europe pour une certaine équité dans l’OTAN (à noter que le budget des États-Unis n’est pas entièrement consacré à l’OTAN, l’axe Asie-Pacifique étant nettement prépondérant dans leur stratégie de défense). Pour revenir au budget européen, il est important de noter que le budget de la Chine est du même ordre de grandeur, la seule différence est que la Chine n’a qu’un seul décideur, et il y a donc bien moins de gaspillage.

Monsieur Javier Solana (politique européenne qui entre 1999 et 2009 exerça la fonction de Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Union européenne) disait qu’il ne faut pas dépenser plus mais dépenser mieux. (Cela ne sert à rien d’augmenter les dépenses, c’est encore plus de gaspillage.) Il faudrait donc faire de la dépense intelligente et rationaliser les dépenses tout en instaurant des quotes-parts pour chaque pays. Mettre en place une marine, navy et aviation au niveau Européen qui sera financé à un niveau fédéral. Mais cela n’empêchera pas les différents pays de garder une défense nationale.

Quelle taille pour une armée européenne ? Pour le Colonel Marsia, citant Cyrus le Grand (Empereur de la Perse antique), pour défendre un pays il faut que l’armée soit supérieure à 1/3 de l’armée envahissante. Avec le budget actuel (environ 300 milliards) et sans gaspillage l’Europe aurait un plus grand budget que la Russie (environ 70 milliards).
A noter que sans l’aborder en profondeur la question du retour d’un service militaire fut émise, tout en considérant à quel point l’actualité a rendu la conscription générale en Ukraine évidente pour tout Ukrainien, et les volontaires étrangers qui ont répondu à l’appel du président Volodomyr Zelenski. Ne pas être pris au dépourvu, être prêt à tout instant, connaître les premiers gestes de secours, savoir se servir d’une arme, canaliser une foule, etc., tout ça doit redevenir « une éducation de base », nécessité fait loi.

Il est important de noter que le financement de la Défense Européenne ne pourrait pas se faire via une cotisation mais uniquement via un système fiscal Européen, et donc des taxes. (Passage intéressant dans le livre du Colonel sur l’Europe fiscale : Chapitre 8 Page 215 – « Une constitution fédérale pour les États-Unis d’Europe. Pourquoi et comment ? » ). En effet, un des plus grands problèmes de l’Union européenne est l’absence de fiscalité propre, car cela crée un manque de ressources propres. Le colonel propose de travailler sur un impôt proportionnel impliquant 4 points : la consommation, le revenu (les GAFAM), le patrimoine (les droits d’héritage) et la pollution (taxer les gaz à effet de serre). Mr Mbeka nous ramène à ses observations du précédent PV quant aux soucis d’harmonisation fiscale de l’UE qui bute sérieusement depuis les années 90, et qu’il s’agit-là d’un défi majeur qui seul décidera de la forme « politique » de l’Europe de demain.

Le Colonel Marsia nous a bien rappelés que la création d’une Défense Européenne ne pourrait se faire que via l’OTAN, sans quoi les États-Unis feraient tout pour empêcher cela. La seule solution étant de rassembler les pays faisant partie de l’Union Européenne, de l’OTAN (à minima) et de les pousser à former un pilier Européen au sein de l’OTAN.

Pour ce qui est de la place de la Grande-Bretagne, il est clair pour le Colonel Marsia, qu’elle n’a pas sa place dans un projet de Défense Européenne, et ce depuis le Brexit, que sa situation d’acteur nouvellement indépendant (car membre de l’OTAN) compliquerait le colloque, et apporterait plus de soucis qu’autres choses. Cependant, Mr Mbeka a tenu à modérer cette position en évoquant la possibilité d’un « statut particulier » pour la Grande-Bretagne au sein d’une Défense Européenne. « Le retour du tragique » en Europe concerne indistinctement tout ce bloc.

Ensuite, nous nous sommes posés la question du rôle de l’Agence Européenne de la Défense – AED (250 personnes et petit budget pour l’UE : 35 millions +-). Pour le Colonel Marsia, cette agence n’est pas efficace, parce que ses moyens humains et financiers sont insuffisants et parce qu’elle est dirigée par un conseil d’administration présidé par le Haut Représentant et composé par les ministres de la défense des Etats membres. Une gouvernance fédérale, comme à la Banque centrale européenne serait préférable. (Mais l’on pourrait leur demander des subsides peut être ?)
Mr Mbeka a tenu à énumérer les 6 instruments de l’Union Européenne que cette agence met en exergue pour la défense car ceux-ci seront repris dans notre base de travail :
1. Politique de sécurité de défense commune
2. Politique étrangère et de sécurité commune 
3. Identité européenne de sécurité de défense 
4. Coopération structurée permanente 
5. Fonds européen de défense 
6. Programme européen de développement de la défense

Pour conclure, nous avons bien évidemment abordé la question d’une Europe Fédérale. Il n’est pas question d’aborder frontalement cette question, a précisé le Directeur Financier de la Mpevh. En effet, Mr. Mbeka est d’avis qu’il faut laisser l’auditoire arriver à formuler de lui-même « la forme de l’Europe qui permet la mieux de mettre tout cela en musique », et ne souhaite pas froisser les sensibilités d’entrée de jeu par un lexique encore clivant. L’essentiel demeurant un débat sur la Défense, la forme d’action en sera une conséquence logique et rationnelle d’implémentation de celle-ci. Accord parfait avec le Colonel Marsia qui précise que l’Europe Fédérale doit éclore des participants en fin de débat. Selon lui, seuls les États-Unis d’Europe pourraient créer un commandement commun. Mr Mbeka souligne qu’il s’agit davantage d’introduire la question qui pourrait alors faire l’objet d’un colloque suivant.

Personnes ressources et invités

Dans cette partie de la réunion nous avons abordés les différentes personnes qui pourraient être un plus pour ce colloque. Mais nous avons commencé par lister les différents rôles pour lequel nous recherchons des personnes ; une personne présentant le mot d’accueil (une personnalité médiatique ou autre, au charisme entraînant), des modérateurs (1 par thème et donc qui connaissent le sujet) et une personne présentant la conclusion du colloque (personnalité médiatique ou autre).

Mr. Beheshti a proposé plusieurs noms de personnes potentiellement invitables : Nathalie Tocci (Politologue Italienne et experte en relations internationales), Frederica Mogherini (Ancienne haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité), Dominico Rossetti (membre de l’EURATOM et donc expert sur la question du nucléaire). Mr Mbeka a cité une série d’invités potentiels qu’il a sélectionnés dont Anne Hidalgo pour avoir sans hésitation dès l’invasion de l’Ukraine été la première politique Française à clairement parler de la nécessité d’une Défense Européenne.

Nous avons également décrété qu’il était important de contacter les différentes ambassades européennes, et au-delà. Mais également d’avoir pour le colloque un représentant militaire Américain, Chinois, Britannique, Canadien et Russe.

Finalement, nous avons également cité quelques noms de personnes ou d’associations vers lesquelles nous tourner ; Institut Jean Jaurès (Louis Gautier), Fondation Charles de Gaulles. Et Rayan a proposé deux noms : Hubert Védrine et Dominique de Villepin.

Retour sur l’actualité

Nous avons bien évidemment parlé rapidement de l’actualité en Ukraine. Notamment la sortie de la Russie du Conseil de L’Europe ainsi que l’action entreprise par l’Ukraine au tribunal international de la Haye. Qui plus est, la connexion de l’Ukraine au réseau électrique de l’Europe le 11 mars lui assure l’indépendance énergétique par rapport à la Russie. Dans le même cadre nous avons abordé le tournant significatif en Allemagne qui prend position, et augmentera le budget de la défense à 2 % de son PIB, et décide, sans coup férir, une enveloppe supplémentaire de 100 milliards €, en 2022 (et ce, sous le nouveau chancelier Mr Olaf Scholz).

Colonel Marsia, Jospeh Mbeka – Directeur Financier Mpevh, Emile Debroise – Rapporteur, 17 mars 2022 ©Mpevh

Fin de la réunion à 17h.

Prochaine réunion : Avant le 31 mars car le Colonel ne sera plus disponible ensuite (pour 2 semaines), soit le jeudi 24 mars 14h.

NB : Notons que la réunion fut interrompue pour une question d’espace commun dans le workspace. Dorénavant, il faudra prévoir un budget de 8 € par heure de réunion afin de louer la salle isolée attenante prévue à cet effet, comme le font les autres bureaux avec lesquels nous partageons le floor. Donc, prévoir 16 à 24 €, et réserver la salle en avance.
Il est reproché à la Direction de ne point nous avoir communiqués ce détail qui nous a mis devant le fait accompli.

Coordonnateur de la Cellule DEF EUR  et corrections PV : Joseph Mbeka
Rapporteur : Emile Debroise




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